Interview de Philippe Fabre, coach de boxe thaï au club Nat-Tam à Montpellier

Philippe et ses élèves du club Nat Tam

Écrit par Lisa

Publié le 7 Mai, 2021

Retrouve dès maintenant l’interview de Philippe Fabre, coach de boxe thaïlandaise à Vendargues (près de Montpellier.) 👇

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L’équipe Sparring Bear a été accueillie au cœur de la maison montpelliéraine de Philippe Fabre afin de réaliser une interview avec lui.
Aujourd’hui, on vous propose de découvrir cet entretien en vous plongeant dans la vie de ce boxeur mêlant compétition, pratique et enseignement.

Présentation de Philippe Fabre, coach de boxe thaï près de Montpellier

Philippe Fabre

Philippe Fabre

Coach au club Nat-Tam à Vendargues (5 km de Montpellier)

Sparring Bear : Qui es-tu ? 

Philippe : Je m’appelle Philippe et j’ai 43 ans. Depuis un peu plus de 10 ans, je suis président et entraîneur au club Nat-Tam à Vendargues. J’occupe toutes les fonctions du club : la gestion du club dans sa trésorerie, dans son budget, dans l’événementiel mais également tout ce qui touche à l’organisation et à l’encadrement des pratiquants.

Sparring Bear : Peux-tu nous en dire plus sur ton club Nat-Tam ?

Philippe : Aujourd’hui, le club Nat-Tam est composé de 90% de loisirs avec quelques compétiteurs hommes et femmes. On a une tendance dans le club à avoir pas mal de compétitrices.

Il hausse les sourcils et sourit.

C’est un hasard mais j’en suis très content car ça se passe super bien. C’est un club essentiellement composé d’adultes mais on a aussi des adolescents et des pré-adolescents. Malheureusement, on n’a pas encore de section jeunes ou petits mais c’est un objectif que j’ai encore en tête.

Philippe et son fils dans son club Nat-Tam – Crédit photo Nat-Tam

Sparring Bear : Quelle discipline enseignes-tu ? 

Philippe : Je suis diplômé de muay-thaï et j’enseigne le muay-thaï. C’est la pratique qui me passionne depuis toujours. [ndlr : si tu veux en savoir plus sur le muay-thaï, regarde notre article dédié à cette discipline en cliquant !]

Sparring Bear : A quel âge as-tu commencé la boxe et pour quelles raisons ?

Philippe : J’ai toujours pratiqué les arts-martiaux. Je suis d’une génération Bruce Lee.

Bruce Lee – Crédit photo Giphy

Il sourit. 

J’ai toujours pratiqué les arts-martiaux mais je ne trouvais jamais mon compte. J’ai vraiment trouvé mon compte quand j’ai commencé, par hasard, la boxe française. Quand je suis arrivé dans la région de Montpellier, c’est naturellement que j’ai cherché un club de boxe française. Toutefois, je n’en ai pas trouvé car j’étais jeune et piéton donc je ne pouvais pas aller très loin.
J’ai ainsi trouvé dans la région, un club qui faisait de la boxe thaï mais aussi du full contact. J’ai donc essayé la pratique. Ça a été une révélation quand j’ai essayé la boxe thaï et depuis je n’ai jamais arrêté.

Sparring Bear : Peux-tu nous parler de ton club d’origine ? 

Philippe : Le club a été créé en 2003 par Pascal Armanelli, qui entraînait le club à l’époque. Je suis devenu un de ses élèves en 2004 et nous nous sommes vite très bien entendus. J’ai été donc d’abord pratiquant avec lui puis compétiteur. J’ai repris, ensuite, le club en 2009-2010. 

Sparring Bear : As-tu fait de la compétition ? 

Philippe : Oui, mais tardivement. J’ai d’abord fait beaucoup de loisirs. Puis, j’ai fait de la compétition type Classe D, avec plastron, mais également type classe B et classe A, sans aucun artifice. Je n’ai pas fait beaucoup de compétition mais suffisamment pour comprendre à quel point c’est dur et à quel point ça fait mal.

Elève du club Nat Tam qui pratique la boxe en compétition

Combat en semi-professionnel de Lisa, élève du club Nat-Tam – Crédit photo : Emmanuelle Grimaud – Photographe ©

Devenir coach de boxe thaï

Sparring Bear : Qu’est-ce qui t’a amené à devenir coach ? 

Il réfléchit.

Philippe : C’est le résultat de plusieurs choses. Premièrement, c’est grâce au hasard. En effet, je sentais que mon professeur, Pascal à l’époque, avait une petite lassitude. J’ai senti à ce moment-là que je voulais être coach. Je voulais que le club perdure et ça me plaisait naturellement. Être coach c’est quelque chose qui m’a toujours donné envie et c’est une vraie passion.
J’ai toujours fait de la formation, du coaching avec les enfants et avec les adultes donc naturellement, j’ai voulu continuer là-dedans.

Sparring Bear : Qu’est-ce que ça t’apporte d’être coach ?

Philippe : Être coach c’est une passion donc il y a des choses que je n’explique pas. C’est quelque chose qui, moi, m’anime. J’adore ça. Je ne peux pas donner une véritable raison au fait de ce qui me motive. Mais je sais que, quand je monte sur un ring en tant que coach, j’ai autant de sensations que lorsque j’étais dessus en tant que pratiquant. Et ça, ça ne s’explique pas. C’est comme ça… et c’est génial !

Faire de sa passion pour la boxe, son quotidien

Sparring Bear : Peux-tu nous raconter un souvenir marquant dans la boxe ? 

Philippe : J’en ai plusieurs. La première fois où je suis monté sur un ring est un souvenir marquant. 

Il rigole. 

Dans tous les sens du terme. J’avais évidemment beaucoup de stress mais pas autant que je pensais en avoir. Finalement, j’ai eu plus de stress avant qu’au moment de monter, comme beaucoup, je pense.
C’est quelque chose d’extraordinaire à vivre : monter sur un ring. C’était vraiment une expérience marquante car lors de ce gala, il y avait beaucoup de monde qui me regardait. C’était très sympa.

Les premières fois où je suis parti en Thaïlande font également parties de mes souvenirs marquants. Je me suis entraîné là-bas et c’était extraordinaire à vivre par rapport à la culture, à l’ambiance, à plein de choses.

Enfin, la première fois où j’ai réellement fait monter des élèves sur un ring reste un souvenir très marquant. Ce jour-là, j’ai eu autant de sensations ou presque que lorsque moi j’y étais. C’est quelque chose d’à la fois frustrant et très grisant.

Championnats de France de boxe thaïlandaise amateur à Paris – 2018 Championnats de France amateur à Paris – 2018 – Crédit photo : Nat-Tam

Sparring Bear : Tes plus grandes fiertés en tant que coach ? 

Philippe : Ma fierté est globale parce que je trouve que c’est un club qui est sain, qui tourne bien avec peu de moyens mais qui s’en sort bien. Le club a une bonne mentalité et il représente les valeurs que j’aime.
On travaille en s’amusant, on est un groupe assez soudé et j’ai encore plein d’objectifs et d’ambitions pour ce club.
C
est une fierté générale que je partage tous les jours.

Sparring Bear : Quels sont tes objectifs ? 

Philippe : J’aimerais voir un peu plus à grande échelle. Dans l’idéal, j’aimerais avoir une structure qui m’appartient.
Elle me permettrait d’avoir plus de créneaux pour les compétiteurs, pour les loisirs et pour les enfants. Elle me permettrait également d’avoir plus de facilité en termes de disponibilités mais aussi en termes de matériels.
De plus, j’aimerais atteindre des objectifs assez hauts pour le pôle compétition et pour les compétiteurs. Je n’ai pas de limite mais on est déjà en Classe B avec certains, donc la Classe A, c’est un minimum.

Les conseils du coach

Sparring Bear : Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui débute la boxe ?

Philippe : Si j’ai un conseil à donner, c’est qu’il faut travailler la technique. Il faut travailler et retravailler.
Si on est motivé par ce sport, il faut énormément travailler la technique. C’est un sport qui est très exigeant. La technique est la base de la base.

Il faut être aussi encadré par les bonnes personnes donc il faut trouver le club qui correspond à sa mentalité, à sa façon de faire et à sa façon de voir.
Il faut donc vraiment chercher le bon club. C’est le plus important. Et une fois qu’on a trouvé ça, il faut constamment chercher à s’améliorer techniquement.
Mais la technique, c’est la première chose qu’il faut privilégier, avec la bonne personne !

Philippe avec ses élèves du club de Nat Tam

Philippe et deux élèves du club Nat-Tam – Crédit photo : Kahina Fabre – Photographe ©

Sparring Bear : Quels sont les ingrédients principaux qu’un boxeur doit avoir pour réussir dans le domaine ?

Philippe : La technique est évidemment le premier ingrédient majeur à avoir. Toutefois, ça dépend de ce qu’on veut faire dans la boxe. Faire de la boxe pour seulement s’amuser ou monter sur un ring, ce ne sont pas les mêmes ingrédients qui sont sollicités.

Le mental est également très important pour un boxeur. Les sportifs de haut niveau ou même un amateur, ont besoin d’un mental très fort. Mais dans la boxe, c’est encore plus important parce qu’il n’y a pas d’amateurisme.
On s’entraîne presque comme des professionnels. Je dis bien “presque” car on n’a pas autant de temps que les professionnels mais il n’y a pas vraiment la place à l’amateurisme.

Il faut donc un mental et une motivation hors-norme. Malheureusement, ce n’est pas donné à tout le monde. Du coup, si on souhaite faire de la compétition ou encore être professionnel, ce sport demande des qualités mentales et physiques hors-norme.

L’heure de la décision

Sparring Bear : Quelle est ta technique préférée ? 

Philippe : J’aime la technique au sens large. Néanmoins, si je dois dire une technique particulière, je dirai le crochet au foie. C’est une technique que j’apprécie. Toutefois, j’aime l’enchaînement varié, quel qu’il soit. Là où on va mêler les pieds, les poings, les coudes, ou encore les genoux. Ce que j’aime c’est la variété technique sur différents niveaux de frappes.

Sparring Bear : Ton/Ta boxeu.r.se préféré.e tout style confondu ?

Philippe : Dans la boxe anglaise, j’aime beaucoup Mike Tyson. J’apprécie son style et sa technique. Néanmoins, si je reste dans mon domaine, j’ai énormément aimé Buakaw même s’il a fait beaucoup de K1. Je l’ai apprécié à la bonne époque. Il y a d’autres boxeurs que j’admire, néanmoins j’aime particulièrement Buakaw mais aussi Ramon Dekkers.

Buakaw Banchamek - boxe thaïlandaise Portrait de Buakaw – Boxemag

Sparring Bear :  Quel boxeu.r.se, encore à ses débuts, te semble prometteu.r.s.e ?

Il fait une pause et réfléchit. 

Philippe : Dans mon club, j’en ai plusieurs. Je crois en tous sinon je ne les entraînerais pas. Lisa est déjà à un stade un peu plus avancé puisqu’elle est en Classe B mais ça reste encore ses débuts. Il y a également Olivier, Max ou encore Glenn. C’est des gens en qui je crois, avec beaucoup de potentiel et avec un bon mental.
Maintenant, il faut garder la motivation intacte et c’est parfois ce qui est le plus dur. 

Sparring Bear : Que penses-tu de Sparring Bear ? 

Il sourit. 

Philippe : Pour être très honnête, Sparring Bear ressemble surtout à une histoire de gens passionnés et qui se sont investis dans leur passion. Quand on s’investit dans une passion, ça va forcément marcher parce qu’on y met tous les moyens, son cœur mais aussi beaucoup d’engagements. Ça va donc forcément marcher.

Est-ce que ce sera rentable économiquement ? A la limite on s’en fout…

Il rigole. 

En tout cas pour moi. Mais ce qui est important c’est de voir que c’est un beau projet, qui est super intéressant et qui est là pour rassembler des gens autour de cette discipline et autour des arts-martiaux en général. Je peux donc n’être que présent et encourager ce projet !

Logo Sparring Bear

Retrouve le profil de Philippe sur Sparring Bear 👊, et pour en savoir plus sur le club Nat Tam et les autres clubs de boxe thaïlandaise sur Montpellier, c’est par là !

Comme promis, en bonus le Fight & Curious de Philippe 😉 👇

Fight and curious de Philippe Fabre, coach au club Nat-Tam

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